dimanche 21 septembre 2025

La sauterelle I

Dialogue imaginé entre un père et sa fille. 

Il s'agit d'un livret de 38 pages. Cette page n'est pas promotionnelle, elle m'est utile à ne pas oublier les messages des uns et des autres.

Résumé : Au début des années soixante-dix en attente d'une décision importante à prendre, une jeune fille commence à lire à son père ses souvenirs de petite fille, petite fille souvent perdue et désorientée par des déménagements successifs. De retour du Maghreb où elle est née et où elle a passé son enfance jusqu'à sa prime adolescence, la voici désormais en France où elle doit s'intégrer, une fois de plus. Un dialogue imaginé entre ce père ô combien philosophe et cette jeune fille obsédée par l'idée de s'intégrer dans un nouvel environnement qui devra désormais être le sien. Prendra-t-elle la bonne décision ?
 
J'ai écrit ce livret à la mémoire de papa décédé en 1984 à l'âge de 64 ans pour maman et pour mes enfants. Mon père aurait eu 100 ans à sa sortie. Je voulais parler de mon ressenti après avoir passé mes neuf premières années au Maroc suivies sans vraiment de transition de mes années d'adolescente. Mes souvenirs de l'Algérie stagnent au-dessus de ce pays que j'ai aimé de tout mon cœur. Pour en parler j'ai trouvé l'idée d'un dialogue avec mon père. Ma famille, mes frères et ma sœur et une grappe d'amis ont apprécié et c'est ma plus belle récompense.

" Vous pouvez arracher l'homme du pays, vous ne pourrez pas arracher le pays du coeur de l'homme ". De J.Dos Pasos.

Quelques retours de lecture 

 

De MamieRousse : Catherine Bravo ! Chapeau ! j'ai adoré ton récit. J'ai suivi La Sauterelle pas à pas dans ses pérégrinations colorées et olfactives (ponctuées par les réflexions posées du papa qui agace pourtant l'adolescence qui se sent incomprise). Vraiment des descriptions vivantes qui m'ont permis de te comprendre enfin ! Enfant tu as absorbé tellement d'évènements, de situations que tous ces allers et venues d'un pays à un autre ont fait de toi une enfant apatride et déracinée : mais là, je crois que les adultes n'ont pas eu le temps de se poser la question. Comment s'y retrouver ? Je suis fière que tu aies pu retranscrire tout ce que tu avais sur le cœur, enfoui. C'était facile pour moi aussi de mettre des visages sur tes personnages, rendant plus vivant ton récit. J'ai trouvé aussi que tes phrases étaient  fluides et que ton vocabulaire était riche. Tu peux être fière de toi.


De maman : Ici à 95 ans. A qui ce livre a été dédié a été très touchée par tous les souvenirs remontés à la surface, toutes ces années retrouvées grâce à mes mots. Je ne pouvais lui faire plus plaisir.
A son grand âge 95 ans ce simple dialogue a pris une dimension sentimentale à laquelle je n'avais pas pensé. Cela l'a rendu heureuse ? Cela suffit à mon bonheur.



De Sylvie : ma petite sœur qui a lu le livre à maman. Elle a été enchantée et m'a beaucoup complimentée et encouragée à continuer d'écrire. Nos souvenirs ne sont pas les mêmes (nous avons 10 ans de différence d'âge) mais elle a été ravie de découvrir La sauterelle qu'elle fut aussi en son temps pour notre papa.

Mes enfants : Sabine (Provence) et Xavier (Eure) qui ont respectivement 2 et 3 enfants. Je leur ai également dédié ce livret. Ils sont fiers de ce travail de mémoire et de transmission de sensations intimes profondes. Ma fille Sabine a été la première à le lire, elle a beaucoup aimé, enfin ils ont tous aimé y compris Ewan mon grand lecteur de 12 ans lorsque le livre a été imprimé.

De Michèle Perret : Linguiste, romancière, professeur d'université. Souvenirs d'une toute jeune fille qui va prendre son envol. Sous la forme d'un dialogue avec son père, j'ai été touchée d'une part par l'originalité de la narration, d'autre part et surtout par son évocation pudique (les lieux ne sont jamais nommés) et toutefois très forte d'une Afrique du Nord aujourd'hui révolue. Un livre plein de tendresse.

De Evelyne : Je viens de terminer ton livre et je l'ai adoré. Tu écris bien, un pur régal. Et Alger dont tu parles si bien ! Alger en grande partie vidée de ses habitants pieds noirs. Nous sommes parties avec nos parents en octobre 1962, 3 mois après l'indépendance, nous avons vu nos voisins partir d'autres algériens avec qui nos parents ont eu de bons rapports sont partis aussi... Une question : lorsque tu parles de tes cours de danse à Meudon, le mari de ta prof cet écrivain n'est-il pas Céline ? (oui) Il me semble l'avoir lu quelque part dans ton blog (il s'agit de ma poésie " L'étoile "). Je réalise avec le temps la chance que j'ai eue de naître en Algérie. Des souvenirs inoubliables, le pays, les gens, la végétation, les odeurs tout est encore tellement présent. Et l'amour de cette terre où j'ai fait mes premiers pas. Merci Catherine pour ce livre qui m'a apporté le soleil que nous n'avons pas ici. Je souhaite un beau et long trajet sur les deux rives à ta sauterelle.

De Patrice : J'ai acheté ton livre sur internet. Et je viens de la lire... C'est magnifique, magnifiquement bien écrit dans un style original et riche... et tellement émouvant à 15 jours du 100ème anniversaire de la naissance de papa. Vraiment, vraiment très émouvant et si bien écrit. Il avait bien raison de nous dire d'avancer dans la vie. Et toi, vraiment, tu as magnifiquement avancé dans la littérature entre autres ! Bravo ! Je t'embrasse tendrement pour avoir si bien décrit ce temps. Jacqueline me rappelle que j'appelle moi aussi mes filles les sauterelles ! Camille me l'a confirmé ! C'était papa ! ça se confirme que ça venait à l'évidence de l'inconscient.

 De Maïa Alonso : Au coin du feu, j'ai enfin pris le temps de lire La sauterelle de Catherine Pallois... Une jeune fille a écrit ses souvenirs d'enfance. C'est un dimanche, jour d'attente. Son père est là et elle saisit l'occasion de le retenir près d'elle : elle lui impose la lecture de ses souvenirs. Il va l'interrompre à temps et contre-temps, pour apporter des commentaires qui vont parfois irriter la jeune fille.
Emouvant. Attachant. Ce qui m'a émue dans cette lecture, c'est la nécessité ressentir par la jeune fille d'obtenir l'approbation complice de son père. A travers des échanges doux-amers, on sent leur lien très fort : lui, il veut la protéger, enseigner, lui donner les clés de l'art d'être heureux. Elle, parce qu'elle l'admire, elle voudrait tant qu'à son tour ce soit lui qui l'admire. Mais il y a des frictions. Des incompréhensions. Toutefois, le fond n'est pas entamé. Le duo reste assorti.
Le côté attachant, c'est l'évocation d'une enfance dans des paysages parfumés, colorés, traversés d'êtres lourds de chair, de vie, de rêves... Tout est dit et pourtant sans être dit. Une façon originale de raconter une enfance sensible.
J'ai souligné des phrases. Parce qu'elles étaient révélatrices... " Tu es mon histoire, papa, tu es mon histoire ". Quel cri d'amour !" Les sourires sont parfois des mots camouflés... ". Et puis cette question : " a-t-on nécessairement besoin d'être chez soi pour être heureux ? " Une question qui se pose à tout exilé... Un livre touchant, d'une grande fraîcheur.

 Miriam Peters Rouyer : Artiste-Peintre. Je suis ravie que La sauterelle rencontre tant de succès, c'est formidable. Bien sûr le fait de parler des difficultés d'intégration est de notre époque (je peux comprendre un peu vu que j'ai débarqué de mes Pays Bas à 22 ans et j'ai du apprendre tout, la langue, la culture etc... et laisser tout derrière moi aussi). Je suis sûre que ta façon d'écrire, le choix de tes mots, ton vécu y sont pour beaucoup dans ce succès. ça "parle" au cœur du lecteur, ça le touche. Tu es une grande écrivaine.

 De Arlette : Je me suis imprégnée de ton enfance et de ton idéalisme. Comme toi étant gamine j'étais mal dans ma peau et étrangère dans ce monde. La guerre j'y étais, c'était terrible et tellement moche. Tu devais être complice de ton cher père ! Je crois que l'on peut-être heureux n'importe où même loin de chez nous ! la preuve ! je suis bien ici à Sanary maintenant. 
En parlant avec Arlette je lui expliquais qu'étant trop souvent en conflit avec mon père, à l'âge de l'adolescence je le trouvais bien trop moraliste et ça me mettait en colère. Aujourd'hui, longtemps après sa disparition je regrette ces batailles de rien pour un mot et je constate que j'ai pris son relai car c'est moi désormais qui le suis un peu trop et que je m'oblige à me freiner pour ne pas barber mes jeunes.

" Tu es mon histoire, Papa, tu es mon histoire "

Merci de votre intérêt






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